Le village fut entièrement bombardé vers 14h. L’opération a duré 4 heures au
cours de laquelle 17 bombes (chaque bombe pèse 500 kg) ont été lancées sur les
familles qui ont été prises de court et n’ont pu prendre la fuite. Le bilan est
accablant : 23 morts majoritairement des femmes et des enfants. Ce raid a marqué
les esprits non seulement à cause de l’ampleur du massacre mais aussi et surtout
parce qu’il a visé une population civile sans défense. Cinquante-deux (52) ans
après, les survivants se souviennent toujours du bombardement. Parmi eux,
Abdelkrim Mabed, un septuagénaire affirme en substance : « Nous avons vécu
l’enfer. Nous pensions que personne n’allait en sortir vivant ».
Deux bombes n’ayant pas explosé (voir photo) témoignent de l’artillerie
lourde utilisée par l’aviation française visant à effacer ce petit village perdu
au pied des monts de Dar El Hadj, Thila et Bou Allal. Aujourd’hui, à l’occasion
du 52e anniversaire du bombardement du village, une grandiose cérémonie sera
organisée par les habitants de Foumellal et des villages limitrophes (Taourirt,
Chréa, Ighil, Tiguert N’drar…) en présence du maire de Guenzat et des notables
de la commune. Des invitations ont été adressées à des personnalités politiques
et d’anciens moudjahidine de la région (Abdelhafid Amoukrane et Amar El Hafti),
des élus locaux (Beni Ourtilane, Titest, Harbil, Hamam Guergour…), ainsi que le
secrétaire général des anciens moudjahidine et le responsable du ministère des
Affaires religieuses de la wilaya de Sétif. La cérémonie coïncide aussi avec la
restauration et la réfection de la mosquée du village Sidi Smaïl El Foumellali,
devenue plus large et plus commode aux fidèles. Une stèle a été érigée dans la
cour de la mosquée et dont la plaque commémorative en marbre porte les noms des
29 martyrs dont 6 tombés dans les maquis de la Wilaya 3. Deux responsables de
l’association du village, Yahia Mekhaldi et Abdeldjabar Mabed soutiennent que
« la célébration du bombardement du village sera désormais organisée chaque
année pour que les futures génération s’en inspirent ».