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Il a un compte en suisse, c’est un danger public. Il est innocent, ils
veulent se venger de lui, son contrat d’imamat est terminé… » L’imam de la
mosquée Aboubakr Essedik, connue dans la région par Jamaâ Nos, est le sujet de
toutes les conversations et de tous les ragots, ces derniers jours, à
Bougaâ.
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L’histoire tourne autour de la décision de limogeage de cet imam de son poste
pour des raisons que la population juge illégales et inexplicables. L’affaire
remonte à la deuxième semaine du mois en cours, quand l’imam, se préparant à
mener la prière du maghreb, a été surpris par un inspecteur de la direction des
affaires religieuses le sommant de quitter la mosquée, avec, à la main une
décision de fin de fonction, et ce pour installer le nouveau responsable de la
mosquée. Fouad, le jeune imam dira, à ce propos : « Je me suis préparé comme
d’habitude pour la 4e prière de la journée, et voilà qu’un inspecteur m’en
empêche. Le motif en serait l’expiration de mon contrat de travail, et je
devrais quitter les lieux. J’ai pris mes bagages, mais les citoyens ont protesté
contre cette décision que je considère, comme eux, injuste ». Et d’ajouter :
« Je suis vraiment étonné, je cherche encore les causes de cette décision.
L’unique réponse obtenue est que la durée du contrat a expiré et que je dois
chercher un autre boulot. Je suis ici depuis 5 ans, et chaque année je
renouvelle mon contrat pour un misérable salaire de 3 500DA par mois. Beaucoup
de bruits courent sur mon salaire et ma fortune : j’aurais un compte en suisse
et je serais même classé 2e après Bill Gates. Pour d’autres, mon licenciement
serait dû à des raisons de sécurité, je n’ai rien compris ». Les citoyens de la
commune ont protesté après la prière de vendredi dernier, ils ont même demandé à
l’inspecteur de ladite direction des affaires religieuses, qui venait installer
le nouvel imam, de faire réintégrer le jeune Fouad, à qui ils réitèrent
confiance et solidarité. Ils ont annoncé qu’ils refusaient un autre prêcheur.
Une pétition, de plus de 500 signatures, a été adressée au premier responsable
de l’exécutif, l’exhortant d’intervenir en faveur de l’imam. Un quinquagénaire,
étonné qu’on destitue un imam qui fait son travail, dira : « Nous demandons sa
réintégration, nous sommes disposés à le payer de notre propre argent. Il sait
parler ; nos petits enfants on pu, grâce a lui, apprendre la religion, et c’est
la même chose pour nous ». Contacté par nos soins, les responsables de la
direction des affaires religieuses ont été très avares en explications, ils ont
refusé de donner plus de détails sur la situation. « Le sujet de l’imam est
clos, il était contractuel, et son travail est terminé chez nous », déclarera le
directeur des affaires religieuses de Sétif. A signaler que l’imam en question
est âgé de 26 ans, et est en train de préparer une thèse de magistère en
Histoire de l’Islam à l’université de Bouzaréa. Grâce à ses discours simples et
convaincants, il a pu créer des liens avec les différentes catégories de la
population de la région et en obtenir la confiance. En attendant la réponse
finale des autorités concernées, Bougaâ se couche et se réveille sur l’histoire
de l’imam.
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