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A 58 ans, le Dr. Saïd Kahla était le vétéran de la course.
Originaire de la wilaya de Sétif, il est ressortissant algérien, résidant à
Frankfurt. Il a pris part au célèbre ultra marathon de Surgères en France, dans sa 24em
édition qui s’est déroulée du 22 au 24 Mai 2009. Entre ses engagement par deux fois dans l’ultra marathon de
Badwater dit de :la vallée de la mort avec ses 218 km en Californie, celui du
Hoggar avec ses 180km,de Sakura Michi au Japon avec ses 250 km,de Spartathlon en
Grèce avec ses 246 km ou celui du Mont blanc de 180km avec un dénivelé positif de
8500km ,de Swiss Jura Marathon de 350km et son autre amusement en Tchéquie dans
un marathon en salle de plus 290km , juste pour la préparation de Surgères, le
Dr Kahla cumule des exploits de quoi faire faire délirer pour ne citer que les
plus importants et les plus célèbres.
Allez aller au bout de l’effort, allez au bout de soi ! C’est
quoi en fait ? C’est, diront certains, admettre qu’à force de cran, de
détermination, de volonté et de courage, que l’on soit capable de repousser les
limites,les barrières et les frontières de ce qui
pourrait être considéré comme étant impossible à réaliser.
C’est le pari fou, fou, fou que vient de réaliser le docteur
Saïd Kahla le Dimanche 24 Mai 2009 en allant disputer le très relevé ultra
marathon Surgères lancé 48 h plus tôt. Ce dernier défi consistait à courir 48 h
non stop .Il le doit non seulement a ses qualités exceptionnelles d’athlète de
très haut niveau, à sa bonne préparation psychologique
mais aussi, comme il nous l’a affirmé, à son attachement à son pays : l’Algérie
qu’il porte en toute circonstance et en tout lieu.
La douleur, les maux, les crampes le manque de sommeil, la
fatigue, le manque de repos, les ampoules aux pieds, ne pouvaient l’arrêter .
Rien ne lui résistait. Ce jour là, le Dr Saïd Kahla courrait uniquement pour
l’Algérie, rien que pour l’Algérie .Oui nous l’avons vu brandir avec grâce et
fierté l’emblème national de l’Algérie aussi bien à l’appel des concurrents qu’à
l’issue de la boucle du calvaire des 48 h où il a battu
son propre record en allant chercher 325,717 km entiers ! Son très honorable classement final le situe parmi les plus
grands performer mondiaux de tous les temps et le meilleur Arabe et Africain
dans la spécialité.
Nous avons suivi et de bout en bout et en direct , ce qui est advenu maintenant de
cette course légendaire grâce à la bienveillance du comité d’organisation qui a
permis de lui faire parvenir les messages d’encouragements de ses supporters
qu’il lisait pendant la course. Ces stimulants forts appréciés feront dire à
notre grand héros du jour que : « la lecture de ces billets me boostait et me donnait des ailes
et c’est grâce à ce ‘ team Algérie ‘que je poursuivais ma course. J’avais dans
l’esprit, à chaque instant, de ne pas décevoir mes supporters et mes
compatriotes ».
Comme pour nos contacts avec le comité d’organisation de la
course de Surgères, Internet , ou ce fidèle compagnon, nous
permet de vous livrer ci-après l’ entretien que nous avons réalisé avec le
Docteur Saïd Kahla qui avait déjà rejoint son bureau à l’hôpital , comme à son accoutumée , à 7 h du
matin , deux jours seulement après la course .C’est une autre exceptionnelle
performance de régularité et de ponctualité diriez-vous. En homme d’exception,
n’oublions pas aussi que le Docteur Saïd Kahla est aussi un grand artiste plasticien et un photographe
émérite. Il trouve également le temps de présider l’association de Algériens
résidants en Allemagne.
En dehors de la course elle-même, l’autre fait marquant, souligné
par la presse locale comme étant le second événement de ces 48 h de Surgères ;
aurait été la surprise de l’avalanche du nombre des messages parvenus à notre
représentant que le comité technique d’organisation relayait sur la piste même à
fur et à mesure de leurs arrivées.
Dr Saïd Khahla fait notre admiration pour nous avoir dignement
représenté à ses frais à travers le monde entier. Il mérite pour cela nos
félicitations et notre reconnaissance .Voici ci après son adresse électronique
si vous souhaitez le lui dire : kahla@t-online.de
Laissons le s’exprimer pour vous
Entretien réalisé le 30/05/2009
1) Bonjour Docteur, vous venez d’accomplir un
nouveau défi dans ce dernier ultra marathon de 48 h de Surgères en France. Quels
sentiments éprouvez-vous après cet exploit.
Le sentiment le plus fort que je ressens est la satisfaction. La
satisfaction d’avoir achevé l’épreuve, l’impression d’avoir fait un bon boulot, les
américains diraient « good job ». Je me dissocie complètement de la dureté ou de
la longueur de l’épreuve, des conditions climatiques ou autres facteurs
aggravants ; il ne reste que le travail bien fait dans sa globalité. Le
second sentiment est de la reconnaissance ; de la reconnaissance envers mon
corps qui a fait fi des contraintes et est allé beaucoup plus loin que ce qu’il
est censé faire parce que mon esprit l’y a en quelque sorte obligé. Puis il y a
le sentiment d’avoir partagé mes souffrances avec les autres athlètes ; la
famille de l’ultra a son propre code basé sur le respect quelque soit le
classement en fin d’épreuve.
2) Quelles ont été les autres épreuves
d’intérêt auxquelles vous avez participé.
Il y a de part le monde un certain nombre de courses qualifiées de
mythiques. Surgères en fait partie. Il y a aussi la Sakura Michi au Japon avec
100 coureurs au départ et 70 à l’arrivée. Une course identique, mais à mon avis
probablement la plus dure au monde, est le Spartathlon qui part d’Athènes pour
rejoindre Sparte après avoir traversé la moitié de la Grèce. L’année passée je
suis arrivé au bout de cette course de 246km en 35h ; des 370 coureuses et
coureurs sélectionnés de part le monde, à peine 151 sont arrivés au bout. Je
suis le premier africain à avoir fini cette course qui existe depuis plus de 20
ans. J’ai aussi participé à l’Ultra Trail du Mont-blanc qui fait 190km mais avec
un dénivelé positif de plus de 8500m. Et puis il y a la Bad Water ; 218 km en
plein désert de Californie, nous avions des températures de 57° le jour et 40°
la nuit. Nous avons pris le départ à 95 et j’ai fini 13ème. Mais j’ai aussi
achevé l’ultra marathon du Hoggar avec ses 180 km ou le Swiss Jura Marathon
350km ; ces deux derniers sont des courses d’étapes mais pas moins dures pour
autant.
3) Cette course est particulière pour car vous
représentiez officiellement l’Algérie et vous courriez sous son drapeau. Elle
retenait toute votre attention depuis longtemps. Comment l’avez-vous
préparée.
Je n’ai pas eu l’occasion de préparer cette course spécifiquement,
car l’invitation ne m’est parvenue qu’en janvier. Il faut savoir que chaque
année, il n’y a que 24 personnes qui sont invitées à cette course. Les
organisateurs invitent qui ils veulent en tenant compte des classements
internationaux. Lors d’une interview d’Ultrafondus Magazine, j’ai répondu que
j’avais fini le Spartathlon en tant qu’Algérien ; c’est peut être ça qui m’a
valu une invitation à Surgères. Du coup j’ai changé ma planification. Mes
obligations professionnelles ne me permettant pas de faire 150km d’entraînement
par semaine comme la plupart des participants de Surgères, j’ai donc opté lors
de ma préparation à cette course pour un 48h en république Tchèque au mois de
Mars. Cette course se déroule en salle, dans un pavillon de la Foire de Brno,
sur une piste bétonnée circulaire de 250m. Je n’ai pu réaliser que 290km en 48
h. Pour être pris au sérieux, il aurait fallu aligner un 3 comme premier
chiffre. Cela ne m’a pas trop dérangé vu que je me trouvais en phase de
préparation. Trois semaines plus tard, je suis arrivé au bout de la Sakura
Michi. Cette course traverse le Japon sur 250km qu’il faut terminer en moins de
36h. Sinon je réalise 2 fois par semaine ,15km en forêt et un marathon le
dimanche pour faire du kilométrage.
4) Un comité de soutien virtuel s’est instantanément constitué
autour de vous des la prise de connaissance de votre engagement .Les messages
qui affluaient de toutes parts ont démontré tout l’intérêt pour cet engagement.
Quelle a été votre réaction en lisant les messages d’encouragement parvenus
durant la course
Les messages que j’ai reçus ont été très stimulants. Il est
évident que lorsque tout un pays ou une communauté est derrière, la motivation
augmente. Je cite la presse locale française : « L’Algérien Saïd Kahla, premier
destinataire des courriels d’encouragement de sa terre natale a pu ainsi se
sublimer et battre son record national ». Je suis entièrement d’accord avec
cette analyse d’autant plus que comme vous le dites, ce comité de soutien s’est
créé ad hoc autour d’une spécialité sportive très peu connue jusqu’à ce jour en
Algérie. Un courriel (certainement lu par les organisateurs) m’a aussi beaucoup
amusé ; il venait d’une nièce de Constantine : « vas-y, tonton, montre-leur que
nous les Algériens, nous sommes les plus forts » signé Kahina.
5) les messages, parvenus au site de la course
comptaient pour le plus grand nombre malgré l’annonce tardive de votre
participation .Cela démontre une fois encore tout l’intérêt de vos compatriotes,
admirateurs et supporteurs. Que leurs dites-vous.
Je tiens à ce niveau à remercier toutes les personnes qui m’ont
encouragé de cÅ“ur ou par courriel. Ma participation à Surgères était en fait
passée du stade individuel au stade représentatif d’une nation. L’Algérie
présente en France ; c’est toujours beaucoup d’émotions. Le public français m’a
été très favorable, j’ai rencontré beaucoup de personnes ayant une grande
sympathie pour l’Algérie. Je voudrais aussi remercier les anciens du Lycée
Kerouani de Sétif ainsi que les services du Ministère des sports qui m’ont
permis d’avoir à temps un équipement d’athlétisme de l’équipe nationale.
6) Vous avez, pour ainsi dire achevé
victorieusement votre grande tournée mondiale, avez-vous songé à l’idée de
l’organisation d’un grand rendez vous similaire, ici même en
Algérie ?
Les grandes manifestations sportives sont très budgétivores. Sans
sponsors solides, ces manifestations sont vouées à l’échec. Par ailleurs elles
ne peuvent pas se faire sans le volontariat et l’engagement de beaucoup de
personnes. Surgères a un budget de 80.000 € et pas moins de 350 personnes se
relaient pendant 48h bénévolement pour la table de marque des tours de passage
des coureurs. Pour Sétif, il faut commencer par le début et penser à une petite
épreuve ; un semi marathon, par exemple, pour intéresser les sportifs et la
population locale. Ceci dit, il est évident que si je pouvais apporter mon
expérience à un tel projet, je le ferais avec plaisir.
7) Que direz-vous aux lecteurs de Sétif info, à
vos amis à Sétif, en Algérie et à travers le monde qui vous liront sur ce
site ?
Je ne suis pas du genre à faire de grands discours, en fait
j’essaie simplement d’ouvrir de nouveaux horizons. Le plus grand plaisir que
l’on peut avoir, c’est de savoir qu’on a fait des émules, puis espérer qu’un
jour quelqu’un reprendra le flambeau. L’Algérie a beaucoup de potentialités mais
le succès repose finalement sur le travail.
8) Le mot de la fin, s’il vous plait
Docteur.
J’espère être encore une fois invité l’an prochain à Surgères. Si
cela pouvait être le cas, nous ferons craquer tous ensemble le serveur courriel
de la course.
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