forumlivre d \'orPhotosRadioAjouter votre dédicace

« L’Allemande de mon village », roman de Saâd Taklit : Un fort bel hommage à titre posthume

sans-titre-1_2621566_465x348À bien y regarder, rares sont les écrivains qui seront peut-être capables d’écrire un roman aussi ténu sur cette valeureuse Allemande —devenue Saliha l’Algérienne— comme vient de le faire récemment, Saàd Taklit. Et ce, pour la bonne raison qu’on sait que cet auteur, qui a déjà donné le “la” à travers ses deux premiers romans, “Djebel Tafat” et “Le journal de Rachid”, ne faiblit pas lorsqu’il s’empare d’une histoire.

Avec Edith Ursula, cette Allemande que le destin a fait venir à Bougaâ pour y vivre et en faire sa dernière demeure, autrement dit la photographe de métier dont il a épousé une des deux filles
—qu’elle a eues avec son mari Abdallah Kahla—, il s’agissait d’y aller comme à une sorte de (re)découverte d’une Algérie villageoise dont nul, peut-être, n’a encore jusque-là raconté aussi bien la profondeur rurale et l’ingénuité paysanne à travers ce qu’était encore le Bougaâ des années 1950. Saâd Taklit n’a donc pas lésiné sur le parti à prendre : se mettre carrément à la place de son héroïne, camper solidement son personnage et dérouler le “film” de son vécu algérien serti de dialogues sous-jacents ; un film vu depuis l’insondable énigme d’une jeune femme que l’on a pris plaisir à connaitre au fur et à mesure des pages parcourues, comme l’on connait les gens au mieux, d’abord par inadvertance, ensuite par petites touches répétitives faites de diverses tranches de vécu au village de jeunesse de l’auteur, devenu village adoptif de l’épouse Kahla. Cela se produira avec bonheur, et c’est précisément le coté poignant de cette histoire à laquelle Saâd Taklit a apporté un peu plus que ses traditionnelles capacités de narrateur dans le genre romanesque : de la finesse dans le style, toujours une écriture au “fuseau”, limpide et concise à la fois, évacuant toute formule alambiquée ou tournure sémantique savante, captant autant, sinon plus qu’un stéthoscope : ce qui est bien la moindre des choses concernant le singulier destin d’une telle femme admise, adoptée, respectée et finalement aimée de tous les habitants du village de Bougaâ dont elle a pratiquement, sans exception, fait le portrait dans son studio de photographie d’art. Livre prenant au bout du compte, comme lorsqu’on tourne les pages d’un vieux roman d’aventures de jeunesse, réécrit néanmoins avec le recul spatio-temporel qui sied à de telles remémorations. Mais c’est toujours Edith Ursula qui entraine le livre, rarement l’inverse. Il y a là comme un défi posé à la littérature, un réel en soi, incarné par une seule figure irréductible à tout, au cliché, à l’anti-cliché, à l’enquête, à la projection fantasmatique. Pour tout dire, “L’Allemande de mon village” ou le sujet réincarné, mis au jour de souvenirs de jeunesse villageoise toujours aussi vivaces, est un roman captivant, car judicieusement enfanté par la plume talentueuse de Saâd Taklit.
Kamel Bouslama elmoudjahid

“L’Allemande de mon village”,
roman de Saâd Taklit,
Edition Dahleb, Alger 2016, 272 pages
Bio-express
Saàd Taklit est né le 18 avril 1948 à Bougaâ (ex-Lafayette) dans la wilaya de Sétif. Il fréquente l’école primaire de son village natal avant de s’inscrire comme élève interne au lycée Mohamed-Kerouani (ex-Eugène Albertini) de Sétif. En 1972, il termine ses études universitaires à la faculté de sciences économiques d’Alger. Après “Djebel Tafat” et “Le journal de Rachid”, “L’Allemande de mon village”  est son  troisième roman





Cette page a été

Lu 572 fois

Laisser un commentaire

*

Liens

Météo et Horaires des prières

Archives

Dernières Photos

129437748 129437567 129436225 13072664_557189634449059_4463901869320236928_o 12901219_547820118719344_6509636545937765614_o 12814756_536337743200915_2778562671087748681_n
Liens

Vidéo à la une
Liens
Derniers commentaires
MESSEIEURS LES RESPONSABLES DE L ADE DE BOUGAA VOUS N AVEZ PAS HONTE DE LAISSER UNE COMMUNE COMPLETE SANS EAU ET CE PENDANT LES 3 JO
Contacte moi Halim !!
Mr Le Wali n'a pas de baguette magique et il ne pourra offrir que ce qu'il aura.Comme dans toutes les distributions de logements à
Salut c oussama
Mr Le Wali bravo,et bonne continuation
<>